
Dans le Nord, nous avons été relativement épargnés par les incendies (néanmoins présents comme à Hardelot). Pour autant, les oiseaux de passage estival chez nous doivent regagner ensuite leurs pénates !
Le réchauffement climatique favorise des feux de forêt plus fréquents, plus étendus et plus intenses, sans être leur cause directe (la cause étant majoritairement d’origine humaine…). Les températures élevées, les sécheresses prolongées, l’air plus sec et les orages secs créent des conditions propices aux incendies. En retour, ceux-ci aggravent le changement climatique en libérant d’importantes quantités de CO₂ et en réduisant la capacité des forêts à stocker le carbone. Les mégafeux se multiplient à travers le monde, y compris en France comme actuellement en Gironde.
Les incendies modifient profondément les écosystèmes et affectent les oiseaux en détruisant leurs habitats, leurs sites de nidification et leurs ressources alimentaires. Les études montrent généralement une baisse de l’abondance et de la diversité des oiseaux nicheurs après un feu, suivie d’un rétablissement progressif. Toutefois, lorsque les incendies restent rares et naturels, ils peuvent favoriser la biodiversité en créant de nouveaux habitats. Certaines espèces, comme les pics, profitent même des arbres brûlés riches en insectes.
Les effets sur les oiseaux migrateurs sont encore peu étudiés alors qu’ils sont potentiellement majeurs. Les incendies peuvent détruire les haltes migratoires indispensables au repos et au ravitaillement, contraindre les oiseaux à modifier leurs itinéraires ou allonger leurs trajets, ce qui augmente leurs dépenses énergétiques et peut réduire leurs chances de survie.
Une étude menée entre 2011 et 2015 dans un parc en Russie, après un incendie survenu en pleine migration automnale, a montré une diminution immédiate du nombre d’oiseaux et d’espèces présentes sur le site. En revanche, la composition générale de la communauté est restée relativement stable, certaines espèces étant plus sensibles que d’autres. Les paramètres individuels, comme la durée des haltes ou la reconstitution des réserves énergétiques, n’ont pas montré de modifications significatives. Les chercheurs estiment que les oiseaux évitent les zones récemment brûlées lorsqu’ils disposent d’habitats de substitution à proximité (encore faut-il qu’il y en est !).
Une autre étude réalisée dans l’Utah (États-Unis) a révélé que les saisons de feux les plus sévères modifient les déplacements migratoires et dégradent l’état physique des oiseaux capturés, qui présentent une masse corporelle plus faible. Les incendies semblent avoir une influence plus importante que d’autres facteurs climatiques, comme la température ou les précipitations. Certaines espèces modifient également leur calendrier migratoire ou leur origine géographique apparente, tandis que d’autres restent peu affectées.
L’augmentation des incendies, liée au changement climatique, représente une menace croissante pour les oiseaux migrateurs. Si des habitats non brûlés restent disponibles, leurs effets peuvent être limités localement. En revanche, la multiplication des grands incendies risque de réduire fortement les sites de halte à grande échelle, compromettant le succès des migrations et la survie de nombreuses espèces.
